Compte Rendu d'Observation Astronomique (CROA) entouré d’Oliviers (végétaux et humains) 😉
Date d'observation : Nuit du 3 au 4 septembre
Lieu : Bergerie du « Pas de Jalas » à Tautavel (66)
Conditions météo : Ciel clair jusqu'à 5h30, puis couvert.
Matériel : Télescope Dobson Taurus 506/2151 mm
Première Partie de Nuit : La Lune et les Classiques
Cette nuit fut probablement ma dernière observation avant la pleine lune de septembre, la météo n'étant pas optimiste. Heureusement, le ciel est resté clair jusqu'à 5h30, se couvrant totalement vers 6h, juste au moment où nous observions le retour de la Grande Nébuleuse d'Orion (Messier 42).
Survol de Séléné
La première partie de nuit a été consacrée à l'observation de notre satellite naturel, la Lune, alors en phase gibbeuse croissante. Une anecdote : il a fallu déplacer le télescope de 500 mm à deux reprises pour éviter les arbres. Un grand merci à Olivier et Léo pour cette manœuvre délicate !
Malgré sa forte luminosité, nous avons choisi de ne pas utiliser de filtre polarisant. Nos yeux s'y sont parfaitement accoutumés. L'utilisation de la vision binoculaire a rendu le spectacle grandiose. On "ressent" la courbure de la surface lunaire en trois dimensions, donnant une impression de survoler la Lune en vaisseau.
La résolution du télescope de 500 mm a révélé une surface très complexe et riche en détails :
• Des failles et des dômes,d'innombrables petits cratères imbriqués dans les plus grands.
• Des mers aux surfaces lisses et plissées, avec de subtiles nuances allant du gris perle à l'anthracite, de magnifiques rainures et éjectas.
Les Amas Globulaires
Pour occuper le temps en attendant que la Lune baisse sur l'horizon, nous avons observé les classiques amas globulaires d'Hercule, M13 et M92. Malgré une Lune éclairée à plus de 80 %, ils sont restés contrastés et résolus jusqu'au cœur. Ce sont de magnifiques cibles en vision binoculaire, où l'on voit flotter dans le champ des oculaires Hypérion de 13 mm (grossissement 165x) et 24 mm (89x) des amas sphériques contenant des centaines de milliers d'étoiles qui semblent blotties les unes contre les autres.
Albiréo, M57 et l'Œil de Chat
La classique étoile double Albiréo a offert une vision très esthétique à très faible grossissement (oculaire Hypérion de 36 mm (60x) avec bino compensée). Ce joli couple optique, brillant et coloré, trônait au milieu d'un champ riche en étoiles plus faibles. Un panorama vraiment esthétique.
Malgré la présence de la Lune, nous avons également observé la nébuleuse planétaire M57. Avec la binoculaire, nous nous sommes délectés d'un joli anneau transparent légèrement bleuté dans un champ riche en étoiles. La stabilité atmosphérique et la présence de la Lune ont permis une vision bien plus définie de la structure que ce que j'ai pu observer sous des ciels parfaits de haute montagne. Comme quoi, il faut observer même lorsque le ciel n'est a priori pas optimal pour bénéficier de belles expériences.
Pointer NGC 6543 (la nébuleuse de l'Œil de chat) n'est pas simple, car les étoiles repères avaient disparu avec la luminosité du fond de ciel. C'est à ce moment-là que l'on réalise à quel point l'habitude de la pratique du pointage manuel est utile et souvent plus rapide qu'un système GoTo ! La nébuleuse est subtilement colorée d'un bleu turquoise intense et révèle quelques structures auréolant la fine naine blanche en son centre.
Seconde Partie de Nuit : Planètes et Galaxies
Les Géantes Gazeuses
En attendant que la Lune disparaisse, nous avons fait un petit tour vers la magnifique Saturne. Elle a offert de nombreux détails à grossissement moyen en bino (Hypérion 13 mm) :
• Les anneaux qui tranchent sur le disque de la planète,de subtiles bandes parallèles aux anneaux sur le disque, quatre de ses satellites naturels qui ajoutaient du relief à la scène. Un vrai régal !
Un rapide coup d'œil à Neptune, une jolie et minuscule bille bleutée, a été un peu gâché par la turbulence résiduelle. L'idée était de la re-pointer plus haute dans le ciel, une fois la Lune couchée.
Balade dans le ciel profond
Tant qu'à faire des classiques, j'ai entrepris une agréable balade dans le Double Amas de Persée. Là encore, l'usage de la binoculaire à faible grossissement a donné du relief et une impression de profondeur de champ. La différence de coloration des étoiles des amas a ajouté à la beauté du spectacle.
La Lune baissant sur l'horizon, la Voie lactée, déjà visible, est devenue de plus en plus contrastée. Léo a fait remarquer que d'innombrables étoiles faibles envahissaient le ciel. C'était le moment d'admirer les Dentelles du Cygne dans de bonnes conditions, avant de les voir disparaître à l'ouest pour laisser place aux constellations d'hiver. Nous avons d'ailleurs vu simultanément la constellation d'Orion à l'est et celle du Cygne à l'ouest, un beau spectacle de rencontre entre deux saisons !
Le ciel n'était pas parfait (SQM de 20.94 au zénith, et de 20.89 à l'est et 20.91 à l'ouest).
Ce qui est surprenant, c'est que depuis que j'ai le télescope de 20 pouces, le filtre H-bêta est bien plus efficace que le filtre O-III. Olivier a pleinement partagé mon avis. Le filtre H-bêta offre une vision extrêmement détaillée, avec beaucoup de texture dans les filaments, et un contraste saisissant, bien moins "empâté" que l'Oxygen III. Même Léo, qui est néophyte, était sous le charme de cette vision "photographique" des Dentelles.
La constellation de Pégase étant au zénith, nous avons rapidement visité plusieurs galaxies :
• NGC 7814, 7741, 7479, 7448.
• NGC 7331 et ses trois faibles consœurs sur le flanc.
• Le Quintette de Stephan.
Nous avons également fait un détour par M31, la galaxie d'Andromède, zénithale, qui arborait deux belles bandes d'absorption, ainsi que des marbrures sombres sur l'extérieur des bras.
Une excellente découverte fut NGC 7662, la boule de neige bleue. Je n'avais pas eu l'occasion de la voir dans le T500, et c'est vraiment très beau. Colorée d'un bleu "Neptune", elle révélait en prime des structures fugaces par glimps !
J'ai également revu NGC 7332, une galaxie que j'affectionne particulièrement, car elle forme un couple très esthétique avec une autre galaxie orientée en sens inverse.
Pour finir, un petit crochet par la belle Uranus a beaucoup ému Olivier, qui est resté scotché à l'oculaire pendant de longues minutes pour admirer ce petit disque bleuté, parfaitement défini et brillant, situé à 2,87 milliards de kilomètres. J'avoue que je ressens toujours une certaine émotion en observant ce monde lointain, coloré et non stellaire.
L'Aube et la Conclusion
Il était déjà 5h30 et le ciel a commencé à se couvrir. Il ne nous restait qu'une petite fenêtre à l'est pour admirer le retour de la belle d'Orion, comme je le décrivais au début de ce texte.
En me couchant dans le coffre du break, j'ai réalisé que cela ferait demain 50 ans que j'observais la voûte céleste, sans que jamais la passion ne retombe... Taurus Teleskopy, Parc naturel régional Corbières-Fenouillèdes,Département des Pyrénées-Orientales
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